La protection des quartiers durables contre les catastrophes nécessite une planification approfondie à long terme


Les quartiers individuels seront étroitement impliqués dans la fourniture de solutions locales aux problèmes collectifs. Une mesure sera la production distribuée d’énergie renouvelable : l’énergie produite au niveau local, soit par la technologie solaire, éolienne ou d’autres méthodes, poussera les villes à atteindre leurs objectifs de zéro émission nette.

Cependant, même ces quartiers producteurs d’électricité resteront vulnérables aux pannes d’électricité résultant de catastrophes naturelles telles que les ouragans, les incendies ou les inondations. Et tous ces phénomènes risquent de devenir de plus en plus courants en raison des effets du changement climatique. Alors, comment les quartiers durables pourront-ils faire face aux pressions exercées sur leurs systèmes énergétiques ?

Caroline Hachem-Vermette est professeure agrégée au Département de génie du bâtiment, civil et environnemental de l’École d’ingénierie et d’informatique Gina Cody. Dans un nouvel article, elle examine comment une conception réfléchie peut réduire la vulnérabilité énergétique d’un quartier lors de coupures de courant, ainsi que les caractéristiques de conception nécessaires si et quand les populations locales doivent se déplacer vers des abris.

L’article a été publié dans la revue Examens énergétiques renouvelables et durables. Dans ce document, Hachem-Vermette et le co-auteur Kuljeet Singh de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard analysent la conception et les caractéristiques énergétiques de types particuliers de bâtiments et de quartiers afin d’évaluer leurs vulnérabilités et leur accès aux sources d’énergie alternatives et renouvelables. Les auteurs utilisent plusieurs scénarios impliquant différentes durées de coupure de courant pour voir quel type de réponse est le plus bénéfique pour les populations touchées.

« Nous nous sommes concentrés sur le niveau des unités de quartier car nous pouvons examiner des caractéristiques et des niveaux de détail plus difficiles à trouver au niveau de la ville », explique Hachem-Vermette.

« Conçue pour être autonome en termes de commodités et de services de base, l’unité de quartier est un concept fondamental de la planification urbaine. Les unités de quartier servent de base au développement et à la conception à l’échelle de la ville et peuvent être utilisées pour comprendre diverses stratégies durables et résilientes. « .

Net zéro mais toujours vulnérable

Conçus selon des pratiques durables, les quartiers théoriques étaient basés sur les types trouvés dans les municipalités canadiennes typiques : résidentiel à faible densité, mixte résidentiel/commercial et commercial, résidentiel à haute densité et mixte résidentiel et industriel à haute densité. Les chercheurs ont également évalué les types de systèmes énergétiques sur lesquels ces quartiers s’appuyaient principalement pour fournir de l’énergie électrique et thermique.

Ces indicateurs ont été pris en compte dans des scénarios dans lesquels les coupures de courant duraient entre un jour et plus de trois semaines. Ils ont fourni des estimations fiables concernant la vulnérabilité aux coupures d’énergie ainsi que les meilleures mesures à envisager pour atténuer les effets de ces catastrophes sur les populations locales.

Les chercheurs sont repartis de leur étude avec plusieurs recommandations qui pourraient améliorer la résilience d’un quartier en difficulté. Ils ont exhorté les autorités municipales à : doter les grands bâtiments tels que les écoles de moyens pour être autosuffisants en matière de production d’énergie afin qu’ils puissent être utilisés comme abris temporaires ; modifier les normes de conception des refuges afin d’augmenter leur population maximale tout en offrant une bonne qualité de l’air intérieur et des espaces hygiéniques pour la vie, la préparation des aliments et les loisirs ; et intégrer des méthodes de conception spatiale des quartiers pour garantir l’accès aux routes, aux bâtiments d’abris et aux hôpitaux potentiels, ainsi qu’aux paysages pour les installations de systèmes énergétiques.

Hachem-Vermette réalise que des études beaucoup plus approfondies sont nécessaires à mesure que les villes évoluent vers des pratiques entièrement durables face à des conditions météorologiques de plus en plus extrêmes. Mais elle est convaincue que des initiatives telles que PLAN/NET ZERØ de Concordia et la subvention du Fonds d’excellence en recherche Apogée Canada de 123 millions de dollars annoncée plus tôt cette année l’aideront, elle et ses collègues chercheurs, à trouver des voies pour naviguer dans la transition sociétale vers les sources d’énergie renouvelables.

« Mes recherches sont au cœur des efforts visant à construire des quartiers décarbonés », dit-elle. « Grâce à mon expérience en architecture, en urbanisme et en ingénierie du bâtiment, je peux rassembler ces disciplines. C’est en comblant les écarts à l’interface de ces disciplines que nous trouverons des solutions durables et résilientes. »

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