Critique de ‘Empty Nets’: un premier long métrage impressionnant est un coup de poing iranien à propos d’un homme financièrement désespéré


Une tranche granuleuse de néoréalisme qui aurait parfaitement sa place pendant la période de pointe de la Nouvelle Vague iranienne, Filets vides (filets vides) marque un premier long métrage impressionnant pour le cinéaste allemand iranien Behrooz Karamizade. Présenté en avant-première au Festival international du film de Karlovy Vary, ce drame sur un jeune homme d’une vingtaine d’années, financièrement pauvre, tente désespérément de gagner l’argent dont il a besoin pour épouser sa petite amie.

Lorsque nous sommes présentés à Amir (Hamid Reza Abbasi), il est profondément amoureux à la fois de la mer, dans laquelle il a été vu gambader comme un dauphin dans une première scène, et de sa petite amie Narges (un Sadaf Asgari radieux), qui partage évidemment ses affections. Il devient également clair qu’il est un jeune homme intègre lorsqu’il perd son emploi dans une salle de restauration après s’être bruyamment opposé à la décision de son patron d’annuler un mariage à la dernière minute en raison de frais impayés.

Filets vides

L’essentiel

Le néoréalisme socialement conscient à son meilleur.

Lieu: Festival international du film de Karlovy Vary (compétition Globe de cristal)
Jeter: Hamid Reza Abbasi, Sadaf Asgari, Keyvan Mohamadi, Pantea Panahiha, Ali Bagheri, Behzad Dorani, Mehrdad Bakhshi, Mojtaba Bahmani, Ali Mohseni
Réalisateur-scénariste: Behrooz Karamizade

1 heure 41 minutes

Narges, qui travaille dans une boulangerie d’où elle apporte constamment des friandises à Amir, vient d’une famille de la classe supérieure. Cela crée un problème, car ses parents attendent une somme d’argent importante d’Amir pour la main de leur fille. Même sa mère célibataire (Pantea Panahihia) essaie de le dissuader de se marier. Incapable de trouver du travail localement en raison du climat financier désastreux de la région, Amir recourt à accepter un emploi dans une pêcherie située à une distance importante sur la côte nord de la mer Caspienne, ce qui nécessite de longues séparations de Narges.

Il est clair dès son arrivée que la pêcherie est une opération louche, son propriétaire exigeant à l’avance de l’argent pour la nourriture et la pension d’Amir. Lorsque les filets tirent de grandes quantités de plastique et d’autres déchets de la mer avec le poisson, Amir est réprimandé pour avoir tenté de s’en débarrasser correctement. Il est chargé de le jeter à la mer, car il est déjà plein d’ordures. Puis, lorsqu’il reçoit son premier chèque de paie, il découvre que plus d’argent a été retenu.

Néanmoins, il excelle dans le travail grâce à ses fortes capacités de nageur et parvient même à gagner de l’argent supplémentaire en participant à une compétition de jeux d’anguilles. Lorsqu’il découvre que la pêcherie braconne des esturgeons en voie de disparition et est impliquée dans le commerce de caviar au marché noir, il se porte volontaire pour participer malgré le travail sous-marin dangereux impliqué. (Sachez que le film, qui comprend des images de poissons éviscérés pour leurs œufs, peut vous empêcher de caviar pour toujours.)

La pression sur Amir s’intensifie lorsqu’il découvre que le père de Narges lui fait rencontrer un jeune homme riche en vue d’un mariage arrangé. Ainsi, malgré les réserves initiales d’Amir, il accepte de faire sortir clandestinement un collègue (Kevyan Mohamadi) du pays dans un petit bateau dans des conditions météorologiques très dangereuses.

L’acteur principal Abbasi transmet puissamment la transformation progressive d’Amir d’un jeune homme léger et moralement droit à quelqu’un qui cherche désespérément à faire tout ce qu’il faut pour ne pas perdre sa future épouse.

En cours de route, le scénariste-réalisateur Karamizade fournit un instantané sociologique vivant de l’environnement financier difficile du pays, y compris la corruption endémique et le chômage élevé, obligeant ses habitants à recourir à des mesures extrêmes pour survivre. La cinématographie habilement sombre et couverte du vétéran iranien DP Ashkan Ashkani ajoute grandement à l’atmosphère oppressante du film, tout comme la description réaliste des conditions brutalement difficiles dans lesquelles travaille Amir. Le film devient de plus en plus sombre, à la fois visuellement et figurativement, alors que ces filets de pêche trop allégoriques, qui à un moment donné attirent un cadavre, semblent engloutir son protagoniste en difficulté.

Filets vides devient particulièrement émouvant dans son portrait de la relation de plus en plus tendue entre les deux jeunes amants alors que Narges est désillusionnée par l’homme qu’Amir est en train de devenir. Cela fait un coup de poing dans le ventre d’un film.

Crédits complets

Lieu : Festival international du film de Karlovy Vary (Compétition Globe de cristal)
Sociétés de production : BASIS Berlin Filmproduktion, Living Pictures Production, Rainy Picutres, ZDF/Das Kleine Fernsehspiel
Avec : Hamid Reza Abbasi, Sadaf Asgari, Keyvan Mohamadi, Pantea Panahiha, Ali Bagheri, Behzad Dorani, Mehrdad Bakhshi, Mojtaba Bahmani, Ali Mohseni
Réalisateur-scénariste : Behrooz Karamizade
Producteurs : Eva Kemme, Ansgar Frerich, Ushci Feldges
Directeur de la photographie : Ashkan Ashkani
Production et création de costumes : Shahram Karimi
Musique : John Gurtler, Jan Miserre
Editeur : Anne Junemann
Casting : Sanaz Ghotb


1 heure 41 minutes



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